jeudi 29 novembre 2012

COMMUNIQUE DE PRESSE de SOFA & RNDDH

 
Me Josué PIERRE-LOUIS impliqué dans un cas de viol accompagné d’agressions physiques : la SOFA et le RNDDH réclament Justice pour la victime

SOLIDARITE FANM AYISYÈN SOFA RESEAU NATIONAL DE DÉFENSE DES DROITS HUMAINS (RNDDH) COMMUNIQUE DE PRESSE

Me Josué PIERRE-LOUIS impliqué dans un cas de viol accompagné d’agressions physiques : la SOFA et le RNDDH réclament Justice pour la victime

CONTACTER :SOFA : Olga BENOIT RNDDH : Marie Yolène GILLES COLAS
PHONE: 48779576 / 43848035 Phone : 29401222 / 36608103 / 37288466
La Solidarite Fanm Ayisyèn SOFA et le Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH) ont appris avec consternation le viol accompagné d’agressions physiques perpétrés le 26 novembre 2012 sur la jeune femme Maylielore1 par Me Josué PIERRE-LOUIS, un haut fonctionnaire de l’Etat Haïtien, désigné par le Président de la République pour représenter le Pouvoir Exécutif au sein du CEP. La jeune femme victime travaille à titre de Consultante au Ministère de l’Intérieur et des Collectivités Territoriales. Elle est détachée comme assistante auprès de Josué PIERRE-LOUIS son supérieur hiérarchique. Le 26 novembre 2012, après une journée de travail, il était aux environs de six (6) heures du soir lorsque Josué PIERRE-LOUIS a proposé à Maylielore de la raccompagner. En cours de route, il a bifurqué dans un chemin qui mène chez lui, à Tabarre, arguant qu’il a besoin de la jeune femme pour télécharger des programmes sur un téléphone qu’il vient d’acquérir.
 
Pour protéger la victime, la SOFA et le RNDDH utilisent un nom d’emprunt. Me Josué PIERRE-LOUIS impliqué dans un cas de viol accompagné d’agressions physiques : la SOFA et le RNDDH réclament Justice pour la victime
Arrivée chez lui, Maylielore a été introduite dans un bureau. Elle était en train de faire le travail pour lequel elle était venue lorsque Josué

PIERRE-LOUIS l’a tirée et l’a forcée à s’introduire dans une chambre à coucher attenante audit bureau. De plus, Josué PIERRE-LOUIS a pris soin de fermer la porte de la chambre où deux (2) armes automatiques étaient placées en évidence sur sa table de chevet. Il s’en est suivi un interrogatoire musclé au cours duquel Josué PIERRE-LOUIS, a giflé Maylielore à plusieurs reprises sous prétexte qu’elle aurait divulgué des informations d’Etat contenues dans son téléphone portable. Par la suite, le Président du CEP l’a jetée sur le lit, l’a déshabillée et l’a violée. Tout au cours du viol, la victime a catégoriquement signifié son refus d’avoir des relations sexuelles avec son agresseur. Elle a crié et s’est débattue. Cependant, les gardes du corps de Josué PIERRE-LOUIS, présents sur les lieux, ne sont pas intervenus. Il était aux environs de huit (8) heures du soir lorsque, après avoir été violée, Maylielore a ramassé ses affaires et a laissé la maison de son agresseur, en pleurant, pieds nus avec ses souliers à la main. Les agents de sécurité n’ont pas réagi. En route, elle a rencontré un motocycliste qui, après qu’elle lui ait expliqué le viol, l’a récupérée et l’a ramenée chez elle. Le soir du viol, Josué PIERRE-LOUIS n’a pas cessé d’appeler la victime. N’ayant pas eu de réponse, il a appelé le frère de celle-ci menaçant de la faire arrêter parce qu’elle aurait recopié des informations qui se trouvaient sur son téléphone portable et les aurait divulguées. Aujourd’hui encore, Josué PIERRE-LOUIS persiste à harceler la victime au téléphone allant même jusqu’à la faire appeler par d’autres personnes. Il convient de souligner que Maylielore affirme qu’elle faisait l’objet d’harcèlement sexuel répété et de chantage de la part de Josué PIERRE-LOUIS qui, sous prétexte qu’elle aurait divulgué des informations d’Etat, l’a menacée de la traduire par devant l’instance judiciaire. Cependant, en dépit de ces menaces, celle-ci a de manière constante, repoussé les avances de Josué PIERRE-LOUIS. La SOFA et le RNDDH condamnent avec véhémence ce crime barbare perpétré par un haut fonctionnaire de l’Etat, ancien Commissaire du Gouvernement près le Tribunal de Première Instance de Port-au-Prince, ancien Commissaire du Gouvernement près la Cour d’Appel de Port-au-Prince, ancien Directeur Général du Ministère de la Justice et de la Sécurité Publique, ancien Ministre de la Justice et de la Sécurité Publique, ancien Secrétaire du Palais National, aspirant actuellement à représenter le Pouvoir Exécutif au sein du CEP, ce, tel que décidé par le Président de la République. Me Josué PIERRE-LOUIS impliqué dans un cas de viol accompagné d’agressions physiques : la SOFA et le RNDDH réclament Justice pour la victime
La SOFA et le RNDDH considèrent ce viol comme étant la confirmation de la tentative de chosification des femmes par les autorités actuelles et condamnent cette pratique des supérieurs hiérarchiques de contraindre des employé-e-s de l’administration publique, notamment des femmes, à travailler chez eux et en dehors des heures de bureau.
La SOFA et le RNDDH rappellent aux autorités que Nul n’est au-dessus de la Loi et que la Loi Haïtienne considère le viol comme un crime contre les droits de la personne et punit l’harcèlement sexuel, (décret du 6 juillet 2005). Le chantage et les voies de fait perpétrés contre autrui sont également sanctionnés par la Loi. De plus, le pays a ratifié 
la Convention Interaméricaine sur la Prévention, la Sanction et l’Elimination de la violence contre la Femme, communément appelée Convention Belém Do Para ainsi que la Convention Internationale sur l’Elimination de Toutes les Formes de Discrimination à l’Egard des Femmes.
Le viol perpétré contre Maylielore ne peut rester impuni. En ce sens, la SOFA et le RNDDH exhortent les organisations de femmes, les organisations de droits humains à se solidariser avec la victime et ses parents et à rester vigilantes, pour que Josué P

IERRE-LOUIS réponde de ses actes par devant la juridiction de répression. Enfin, la SOFA et le RNDDH réclament des autorités concernées, particulièrement le Parlement Haïtien, les autorités judiciaires et l’Office de Protection du Citoyen et de la Citoyenne, une intervention célère sur ce dossier pour que Justice soit rendue à la victime.
 
Port-au-Prince, le 27 novembre 2012

mercredi 28 novembre 2012

POINT DE VUE


Wanna : État de choc ? Décrochage moral et Hypocrisie.
        

Permettez-nous d’emprunter, pour placer quelques mots dans le débat de l’heure à propos de faire Wanna marcher, la réflexion des écrivains Georges Livet et Roland Mousnier : « Le présent est chargé d’un passé dont le mieux est de prendre conscience pour contourner les obstacles qu’il présente, utiliser ses éléments favorables qu’il offre et construire l’avenir… ».
 

            Un tube récent titré « Fè Wanna Mache », œuvre de deux jeunes issu d’un des quartiers le plus défavorisé de la Capitale haïtienne et devenu très populaire en un laps de temps, défraie la chronique en attirant les feux de la Presse et, ipso facto, irrite les Organismes des Droits Humains particulièrement ceux qui s’œuvrent dans la défense des Droits de la Femme. Ce qui a, subito, poussénon seulement les autorités étatiques à interdire la diffusion dudit tube mais également les Wanna à faire marcher Wanno en répliquant « Fè Wanno mache ».
 
            C’est un fait (un tube) très épinglé qui mérite la curiosité et surtout la compréhension de tout un chacun indistinctement. En fait, aussi loin que l’on remonterait le cours de l’histoire musicale haïtienne, on retrouve l’empreinte indélébile de Wanna, de tubes fâcheux, désagréables, déplaisants (si vous nous permettez).Autrement dit, des Wanna, il en a toujours été existé et il y en a pour toutes les époques et pour tous les goûts voire même pour toutes les classes. Autant dire, « Fè Wanna mache » n’est pas un tube spontané ni le produit d’un cataclysme voire même de l’apocalypse. Ainsi donc, la société n’a pas, subito, reçu un choc, un coup de massue.En effet, depuis les années 60 jusqu’à nos jours, on a connu pas mal de tubes irritants. Qui aurait osé ne pas connaître « Sosis, de KOUPE KLOUÉ », « Pi gwo, pi long, pi apetisan, de TABOU COMBO », «Nan nannan, d’ALAN CAVÉ », « Sisisi, 100% k2, 200% k2, 500% k2, Ti somone, de SWEET MIKY », « 5 Dwèt, Le pal kokal, Kòkgagè, de ZENGLEN », « Touchèch, de … », « Ti sourit, de … », « Tennis (Pa pile tennis  mwen), de TEAM LOBÈY », « M’ap chat, de SHASSY », pour ne rappeler que ceux-là.   
 
Toujours est-il, les succès inattendus et fort souvent impressionnants de ces tubes outrageux, froissants parfois même arrogants, sont dus au fait qu’ils traduisent certaines réalités sociales ou certains faits sociaux en étant tout au moins le miroir de la vie des foyers, des ghettos, des milieux défavorisés, en générale et, des gens démunis, déshérités, oppressées/ opprimés qui y vivent, en particulier.  
 
En somme, pour être franc, n’est-il pas à se demander – à une époque où toutes les valeurs morales chancellent – où toutes les traditions sont remises en causes – où toutes les certitudes se perdent, si ce n’est pas une réponse claire et simple que les gentlemen apportent à l’avarice des gentlewomen : « FÈ WANNA MACHE » ? Faut-il en déduire que la société est arrivée au paroxysme de sa déchéance/ décrépitude où son tissu se découse comme un vêtement usé qui tombe de part lui-même, où tout espoir se meut en vagues successives, où tous les points de repères se vacillent. Doit-on être hypocrite par rapport à « Fè wanna mache » ? Tout de même, ce n’est pas un choc mais plutôt un décrochage moral/ social de trop auquel nous jouons à l’hypocrisie. Car, cela fait belle lurette que les valeurs morales ne tiennent pas, donc, n’ont plus court. Elles ne se transmettent plus automatiquement de générations en générations, du moins, de parents à enfants comme cela a été par le passé. À telle enseigne qu’on en parvient même à se demander si elles sont seulement transmissibles. Les statistiques sont bel et bien là.
 
Toutefois, un fait est certain, présentement, notre jeunesse est tiraillée entre ses rêves d’autonomie/ d’indépendance ; ses rêves de liberté et son besoin d’autorité. Au fait, l’analphabétisme, la misère, l’acculturation et surtout la mode, pour ne citer que ces faits, ont littéralement envoûté pas mal de jeunes et, décousu le tissu moral et culturel voire même social. Pour ainsi dire, se vêtir, se nourrir, s’éduquer, se loger, se subsister, en sommese tailler une place dans la société est astreint soit à la logique de «Moun pa (Paren’n ak Maren’n) », tel que l’a si bien dénoncé « ZATRAP » dans sa meringue carnavalesque de cette année, soit au troc de leur corps, leur âme, leur conscience, …, de leur être. Ainsi, la prostitution, l’homosexualité est soudainement devenue de véritables fins en soi.
 
Dans cette perspective, notre jeunesse a besoin d’être guidé, accompagné et rassuré. Elle doit en effet trouver une personne (physique ou morale) devant qui s’incliner et qui peut satisfaire ses besoins légitimes.

 
Ce Mardi 27 Novembre 2012.